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Savoir dire non !

 « Non, je ne veux pas  ». « Non, je ne suis pas d’accord avec toi  ». Ce n’est pas toujours facile de contredire et d’aller à l’encontre de son interlocuteur. Que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle, tout le monde a un jour été amené à affronter ce genre de situations. Par crainte de blesser, de décevoir, par peur de l’autorité, pour éviter la confrontation, certaines personnes ont tendance à ne jamais dire non à leur famille, amis, patron, collègues ou clients. Dire non c’est s’imposer, prendre position et donc risquer de se faire juger. Le regard des autres est parfois difficile à assumer.

S’affirmer

Mais, pour affirmer sa personnalité et être vraiment soi-même, il est pourtant capital de savoir dire « non ». En effet, un refus renforce sa légitimité et sa crédibilité. Exprimer son désaccord, c’est ne pas promettre au-delà de ses capacités et du possible. Il permet, par exemple, de montrer sa maîtrise d’un projet. Dans le cas contraire, les conséquences peuvent être négatives aussi bien pour soi que pour son interlocuteur. Ne pas savoir dire « non » peut alors conduire à une situation délicate, voire conflictuelle.

Savoir faire face

Ne pas s’opposer, ne pas exprimer ses divergences et ne pas faire face à son interlocuteur peut mener à deux réactions distinctes et nocives.

La première, c’est la SOUMISSION. On accepte de faire ce que veut l’interlocuteur même si l’on n’est pas d’accord ou en capacité de le faire. Par exemple, la soumission peut entraîner une surcharge de travail, une forte fatigue et de plus grandes chances de faire des erreurs ou de bâcler son travail avec d’éventuelles conséquences sur l’équipe. Cette façon de réagir donne l’impression de n’être qu’un pion, de se faire marcher sur les pieds et d’être impuissant.

– La deuxième réaction possible est la FUITE, familièrement appelée : la « technique de l’autruche ». «Si je me cache assez longtemps, les difficultés finiront par disparaître toutes seules ». Toute communication est alors rompue. La personne s’isole, rumine et reste bloquée devant le problème rencontré, avec un sentiment d’être incapable de gérer la situation qui peut s’inscrire durablement.

Pour éviter de verser dans ces deux extrêmes, on comprend bien l’importance de savoir exprimer son point de vue efficacement. Un « non » utile et réfléchi peut faire toute la différence et améliorer considérablement sa qualité de vie, celle de son entourage et de son équipe.

Argumenter

Heureusement, pour savoir dire « non », il existe quelques clés faciles à retenir :

– Il faut être précis, dire son refus clairement, avec détermination. « Non, merci, mais je ne suis pas libre ». Eviter les formules ambiguës, du style « ça va être difficile ». L’interlocuteur risque de traduire difficile par possible et possible par oui.

– Ensuite, un désaccord doit être justifié et expliqué. Une seule explication simple et précise suffit très souvent. Nul besoin de tomber dans la surenchère des excuses qui ne ferait qu’atténuer la crédibilité de votre refus. Cette explication courte est essentielle sinon l’interlocuteur risque de se sentir frustrer et de revenir rapidement à la charge.

– Une fois la raison fournie, il est toujours bon de proposer des solutions alternatives afin de laisser une forme de choix. Face à son patron ou à des clients, par exemple, c’est très efficace. « Non, je ne peux pas traiter ce dossier aujourd’hui car j’ai déjà un travail urgent à terminer. Mais j’ai conscience de l’importance de votre demande. Si vous êtes d’accord, demain je serai disponible et je m’en occuperai. » La personne se sent entendue et comprise, elle sera donc plus à même de vous comprendre et de vous entendre en retour.

Un « non » donne plus de poids et de valeur au « oui ». C’est une preuve d’engagement et de maturité. Il ne faut donc pas hésiter et se jeter à l’eau.

Avoir confiance en soi

Et pour se jeter à l’eau, il faut apprendre à se faire confiance. En effet, même si l’on connaît toutes les clés, il faut avoir suffisamment confiance en la légitimité de sa réponse pour les utiliser.

La confiance en soi est un outil essentiel pour arriver à s’affirmer et à s’imposer face à son entourage. Acquérir plus de confiance est un travail de longue haleine qui demande plus d’investissement que la simple lecture d’un article sur le sujet. L’avantage : c’est un élément qui peut s’améliorer efficacement grâce à l’expérience acquise, mais aussi grâce au soutien d’un tiers (amis, famille, coach, psychologue…).

Alors, grâce aux astuces de cet article, commencez dès maintenant à tester votre pouvoir du « non » légitime ! Vous verrez assez rapidement si votre confiance en vous résiste à l’exercice. Si non, vous savez ce qu’il vous reste à travailler ; si oui, bravo ! Attention juste à ne pas trop abuser de ce nouveau pouvoir…

La franchise en entreprise : remède contre le stress et plus encore…


Selon une étude présentée à Brighton (Angleterre), les employés qui entretiennent une relation franche avec leurs supérieurs, autrement dit qui s’autorisent la critique, sont plus heureux, en bonne santé et moins stressés. 

En effet, selon  Emma Donaldson-Feilder, membre de l’équipe de chercheurs, la franchise est un excellent moyen d’évacuer le stress et la tension ressentie au travail. Les personnes qui s’expriment face à leurs supérieurs sont donc moins nerveuses et moins sujettes au débordement.

L’entreprise elle-même se retrouve gagnante, puisque le stress et ses conséquences physiologiques et psychologiques sont une cause significative de congés maladies. Plus de franchise, donc moins de tension, moins d’absentéisme et donc moins de stress et de travail pour l’ensemble des équipes.

 De plus, ce type de fonctionnement est aussi positif pour les cadres supérieurs. Lors de l’enquête, deux groupes d’environ 75 managers furent créés, l’un recevant des commentaires de ses employés et l’autre non. Il en ressort que les cadres du premier groupe furent plus enclins à adapter leur style de management et qu’ils furent par conséquent perçus comme plus efficaces par leurs employés.

C’est beau n’est-ce-pas ? Après, il semble évident que dans la pratique, il faut savoir y mettre la forme. Critiquer ouvertement son patron, sans aucune construction ni adaptation, permet certes de déstresser, mais peut aussi conduire à des conséquences plus stressantes encore… La balle semble être davantage dans le camp des sociétés et des dirigeants. En effet, pourquoi ne pas proposer des questionnaires ouverts et anonymes aux employés ? L’affront direct et vexatoire serait ainsi évité, les tensions des employés relâchées et les commentaires les plus intéressants et constructifs retenus pour un meilleur développement de la société. Les entreprises devraient être encouragées à offrir à leurs salariés ce type d’évaluation régulière de leurs supérieurs hiérarchiques, car cette fois-ci c’est prouvé : l’effet n’en sera que bénéfique pour tous.

Dr Virginie Lemaire de Bressy

References :

British Psychological Society (http://www.bps.org.uk/)