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Abandon : faiblesse ou courage ?

dsc_1769-mont-blancAprès 55km de course, Gilles souffre. Il lui reste 115km à parcourir pour arriver au bout de l’Ultra-Trail du Mont Blanc (UTMB), la course qui l’a fait rêver et qui lui a demandé 5 ans de préparation. Derrière lui, il y a toute une équipe, des sponsors, des caméramans, des followers et bien sûr sa famille. Cette course mythique demande beaucoup d’efforts et de sacrifices pour en venir à bout. Pourtant, une veille blessure au talon d’Achille se réveille, une douleur qui ne passe pas. Alors, conscient qu’il ne pourra pas terminer dans cet état, Gilles décide d’abandonner la course.

L’abandon pour un sportif est une décision difficile à prendre, presque un tabou. Dans l’esprit de certains, seuls les faibles abandonnent, d’autres ont peur d’être ridicules et nombreux sont prêt à aller jusqu’au bout d’une épreuve, quitte à mettre leur santé en danger.

Qu’est-ce que l’abandon sportif?

C’est le fait de renoncer à poursuivre une épreuve ou une compétition. Dans ce milieu, où l’effort est la base de la réussite, le renoncement est devenu synonyme d’échec. Abandonner c’est en partie reconnaître sa défaite et par association, sa faiblesse.

Pourtant, ce n’est qu’une manière de voir les choses. Car en réalité, tout dépend du contexte, des enjeux, de la connaissance de son corps et de ses possibilités.

Pour mieux comprendre, il faut bien faire la différence entre deux types d’abandon : – l’abandon face à l’effort, parce que ça devient trop compliqué et – l’abandon stratégique, parce que les conséquences dépassent les enjeux de l’épreuve.

C’est la confusion entre les deux types qui incite certains athlètes à aller trop loin. Aveuglés par l’objectif immédiat, ils ne se rendent plus compte des conséquences à long terme. Et en poussant le corps au-delà de ce qu’il peut gérer, le risque de détruire de façon plus ou moins réversible leur outil principal de performance est très présent. Un comble quand on sait que c’est justement en recherchant la performance à tous prix, que les sportifs s’empêchent finalement de performer.

Gilles aurait-il dû continuer à courir sur 115 kilomètres avec une blessure pour prouver sa détermination ? Dans ce cas précis, je ne pense pas. C’est même un excellent exemple d’abandon stratégique. Les conséquences possibles, c’est-à-dire une aggravation de sa blessure au point de ne plus pouvoir se déplacer ou s’entraîner pendant une longue période, dépassaient l’enjeu. Aux vues des circonstances, continuer n’aurait fait qu’aggraver une fragilité physique, au risque de s’interdire de continuer sa passion.

Alors a-t-il fait preuve de faiblesse? A l’inverse, cela demande beaucoup de courage pour décider d’abandonner un si gros projet. Savoir dire stop quand il est encore temps, demande de la connaissance de soi et de la maîtrise ainsi qu’une vraie capacité à faire face à la pression implicite liée à l’épreuve et à l’entourage. Face à son propre ego, celui qui pousse au bout de ses limites, il est parfois nécessaire de se dépasser d’une autre façon et d’accepter qu’il faut parfois reculer… pour mieux sauter. Accepter de perdre une bataille pour pouvoir avoir une chance de gagner la guerre  (et non, ce n’est pas John Rambo qui dit ça).

Quel rôle pour la préparation mentale lors d’un abandon ?

Même lorsque le doute d’avoir fait preuve de faiblesse est écarté, la tristesse et la douleur peuvent persister. La déception est présente et légitime. Cependant, il est important de se poser les bonnes questions pour ne pas sombrer et rebondir aussi vite que possible. L’accompagnement d’un préparateur mental contribue à aborder ses questionnements de façon constructive.

* La première étape c’est de bien comprendre ce qui s’est passé

– Quelle raison réelle m’a poussé à abandonner ?

Dans un premier temps, bien identifier la cause de l’abandon, celle qui a était déterminante (exemple : « blessure=arrêt »). L’important c’est de ne pas créer une surenchère d’explications pour justifier l’arrêt et se rassurer. Cela risquerait de décaler le centre d’attention sur des éléments non pertinents et créer ainsi des associations potentiellement nocives du type « fatigue=arrêt ».

– Que ce serait-il passé si j’avais continué ?

Imaginer l’ensemble des conséquences potentielles permet de prendre conscience de l’impact de ses choix. Quelles blessures supplémentaires aurais-je pu avoir ? Combien de temps de repos et de rééducation auraient été nécessaires ? Quel impact cela aurait-il pu avoir sur mon entourage et sur ma carrière ? Est-ce que j’avais d’autres options ? …

– Qu’est-ce que je gagne à avoir abandonné?

Cette question peut paraître singulière, mais elle permet de mettre à jour certains aspects que le sportif a besoin d’exprimer ou écouter davantage. Les réponses peuvent être variées et très révélatrices. Par exemple, si la réponse est : « Au moins, je peux passer plus de temps à voir mes amis et danser en boite », cela souligne l’importance que le sportif accorde à son entourage et à l’amusement, il peut donc décider de leur laisser plus de place dans la suite de sa préparation. Le besoin ainsi écouté, n’aura pas besoin de passer par des chemins détournés pour se faire entendre. C’est une précaution qui peut éviter des raccourcis inconscients et nocifs du type : « pour voir mes amis et aller en boite, je me blesse comme ça je peux m’amuser et pas m’entraîner ». C’est bien sûr un exemple exagéré, mais les réponses en séance peuvent être très plus originales, à tel point que cela fera probablement l’objet d’un prochain article (je mets un peu de suspense, comme ça).

– Que s’est-il passé pour que j’en arrive à abandonner?

Reprendre le fil des événements pour comprendre le cheminement qui a créé la raison de l’abandon est indispensable pour pouvoir continuer plus tard. Le flou effraie car on ne peut maîtriser ce qui nous échappe. Aussi le cerveau a besoin d’explications précises pour être certains de ne pas recommencer les mêmes enchaînements d’actions. Par exemple, dans le cas d’une blessure : Est-ce dû à la fatigue ? Au surentraînement ? À un manque d’apport ? À une raison mentale ? À un élément extérieur ? Les réponses rassurent et permettent de conserver la sensation de contrôle.

* La deuxième étape consiste à se tourner vers ce qui ressort de positif dans cette expérience:

– Quelles leçons puis-je en tirer ? En quoi suis-je plus fort aujourd’hui ?

Après avoir analysé les causes potentielles dans la première étape, cette question permet de se tourner vers l’avenir. Qu’est que je sais aujourd’hui grâce à cet événement que je ne savais pas avant ? Comment corriger les erreurs s’il y en a eu ? Comment améliorer certains aspects s’ils n’étaient pas suffisants ? Toutes les réponses obtenues sont autant de connaissances et d’expériences supplémentaires qui rendent le sportif plus fort pour la suite.

– Qu’est-ce que cette expérience m’a apporté ?

Ce questionnement permet de cibler l’attention sur ce que le sportif a gagné de façon inamovible : un moment passé avec une équipe en or, un début de compétition ou de course riche en émotion, des preuves d’amour ou d’amitié, des rencontres prometteuses…. En plus de faire du bien au moral, ce retour au positif rappelle aussi que le sportif ne repart pas de zéro.

– Qu’est-ce que cet événement montre de moi ? De mon entourage ?

Les situations extrêmes poussent les personnes dans leurs retranchements et révèlent d’eux certains traits de personnalité. Dans le cas de Gilles, l’abandon lui a prouvé que même dans les moments les plus intenses, il reste en accord avec une valeur qui lui est chère : celle d’un sport santé et bien-être. Il s’est prouvé à lui-même et aux autres qu’il était possible d’être raisonnable, même dans la performance de haut niveau.

Alors qu’il regarde la liste des coureurs qui ont terminé cette course mythique, Gilles ne peut s’empêcher de ressentir un brin de déception : il aimerait tellement en faire partie. Il se dit qu’eux sont allés au bout de leur rêve. Il regarde ensuite son équipe, au grand complet près de lui, et il s’inquiète d’avoir pu briser leur rêve à eux aussi. Mais, en prenant le temps d’y réfléchir et d’en parler, il réalise une chose importante : pour briser ce rêve, il a d’abord fallu le construire. Il a rassemblé cette équipe bénévole derrière un projet commun, un objectif qui ne les concernait pas au début et qui est devenu le leur, grâce à lui. Il n’a rien brisé : c’est lui qui a créé ce rêve commun. Il a su le faire et il le refera. Cette idée lui remet le sourire aux lèvres et lui permet de repartir serein de Chamonix : il reviendra, l’an prochain ou une autre année, et le rêve et les amis seront toujours là.dsc_1769-mont-blanc

Le mental, la sueur, le trailer.

 

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Ce documentaire suit le parcours de Gilles Spagnol lors de l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour 2015 depuis sa préparation physique et mentale, jusqu’à la fin d’une course aux multiples rebondissements (140km avec 10000m de dénivellé positif et 31 heures de courses…). Le film est merveilleusement bien réalisé et l’émotion est au rendez-vous. Le coté humain et le dépassement de soi y sont si bien mis en avant que l’on ne voit pas les minutes passer .

Et puisque la préparation mentale vous intéresse, vous serez ravi de voir un exemple concret de sa mise en application. Le film s’articule autours d’une séance d’imagerie et crée un lien direct et permanent entre ce qui se passe dans la tête d’un sportif et la réalité de la course. Une belle illustration qui montre comment un mental solide et préparé peut faire toute la différence, particulièrement dans des contextes compétitifs aussi exigeants et durs que le trail.

Alors, que ce soit pour les paysages, l’émotion, l’exigence de la course, la qualité du film et surtout pour l’impressionnante performance physique et mentale de Gilles… Préparez vous à voir quelque chose de grand!

Voir la vidéo

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Ultra Trail et préparation mentale : Interview de Gilles Spagnol

Si le trail est un sport exigeant et difficile, l’Ultra Trail l’est plus encore. Ces courses qui se font sur des distances et des durées impressionnantes nécessitent une excellence connaissance et maitrise de soi. Et lorsque l’on est seul avec soi-même et sa souffrance physique si longtemps, un bon mental peut tout changer. Gilles Spagnol, qui a fait récemment l’Ultra Trail du Mercantour et qui est un sportif VPro fidèle nous parle de son expérience dans cette interview. Nous verrons que dans une épreuve aussi extrême, c’est le soutien et l’entrainement, y compris mental, qui ont permis la réalisation d’un si bel exploit.

Gilles Spagnol- Vpro Coaching– Bonjour Gilles. Tu as fait, il y a peu de temps, un trail de 140km et de 31h de course… qu’est ce qui t’a poussé à te lancer dans un tel challenge ?

L’inconscience ! En fait cette course s’inscrit dans une progression d’entrainements et de compétitions, afin de performer sur l’UTMB* 2016. C’est un projet initié en 2011, qui nécessite des phases intermédiaires. Je n’ai jamais envisagé de passer d’une performance sur 20 à 30 kms à une sur 170 kms sans que mon corps et mon esprit ne s’adaptent aux contraintes associées. Participer à l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour m’a permis de poursuivre mon apprentissage des aléas que je peux rencontrer sur ce type de distance et de durée.

– Quelle préparation générale as-tu fait pour mettre toutes les chances de ton coté ?

Depuis 2012 je travaille avec un entraineur qui connait cet objectif. Le programme d’entrainements et de courses est construit en conséquence. D’autre part, depuis que je travaille avec toi, j’ai pris conscience que la performance est la résultante des efforts que l’on fait pour progresser dans de multiples dimensions. C’est un travail continu sur des axes tels que la préparation mentale, la nutrition, la logistique, la préparation des courses, l’assistance,…

– D’un point de vue préparation mentale, quelles stratégies as-tu développé pour te sentir prêt le matin du jour J ? Peux-tu nous donner des exemples concrets ?

Gilles Spagnol- Vpro CoachingTu m’as fait travailler sur de nombreuses techniques. J’ai testé beaucoup de choses tout au long de ces 4 années, ce qui me laisse le choix de la stratégie mentale à sélectionner en fonction de la situation. Sur des durées aussi longues on a besoin de pouvoir « varier les plaisir » !

Pendant les entrainements difficiles, j’utilise souvent la technique des modèles** et je la couple avec une projection visuelle sur la fin de l’UTMB 2016, en m’imaginant à la bagarre dans une portion décisive pour la victoire. Je me dis mentalement : « c’est là que 2016 se gagne ! ».

Sur cette course en particulier, tu as programmé des séances de visualisation dans les semaines précédant l’épreuve. En répétant ces exercices à la maison, j’ai pu me présenter sur la ligne de départ avec une grande confiance. Visualiser la course allant à son terme en prenant le dessus sur des éléments négatifs, m’a permis de réaliser cet objectif malgré les galères rencontrées.

– Effectivement, ton corps n’a pas été très coopératif sur ce trail. Raconte nous un peu comment tu as réussi à « finir cette course au mental » ? Quelles techniques t’ont aidées à rester motivé jusqu’au bout?

J’ai en effet rencontré des problèmes gastriques assez rapidement, dès la 5ème heure de course. Je n’ai pas réussi à faire passer ces soucis, et j’ai dû affronter les difficultés des 100 derniers kilomètres du parcours avec peu de forces, et une incapacité à me nourrir suffisamment pour envisager une bagarre avec les premiers.

Ce qui m’a permis de tenir jusqu’au bout, c’est d’avoir mis en place des éléments qui contrecarraient mes idées négatives. Tout d’abord, j’avais défini un objectif à trois niveaux : le premier était de finir coûte que coûte pour obtenir les points manquants pour se présenter au tirage au sort de l’UTMB 2016. Le second était un objectif de temps et le troisième de se mêler à la lutte pour la victoire. L’objectif minimum était clair et connu de toutes les personnes qui m’accompagnaient sur la course. Donc, à chaque fois que je les rejoignais sur un poste d’assistance ou de contrôle, personne n’a jamais suggéré l’abandon. Au fond de moi, malgré les messages négatifs envoyés par mon cerveau, je ne l’ai jamais envisagé non plus. Surement grâce aux séances de visualisation. Aussi parce que les personnes qui m’ont suivi avaient envie de vivre une belle aventure. Je ne voyais pas arrêter alors qu’ils avaient fait des sacrifices pour être présent toute la course.

Enfin, nous avions décidé, avec les auteurs de « papa dessines moi un trail », de faire un second film, en montrant toutes les émotions que peut générer un Ultra Trail. C’était une raison supplémentaire pour aller au bout !

Gilles Spagnol- Vpro Coaching– Les gens me demandent souvent à quoi peut penser un trailer pendant 31h de course… peux-tu répondre à cette question ?

C’est une bonne question ! La première réponse qui me vient est : « à rien ». C’est à la fois vrai et faux en ce qui me concerne. J’ai l’impression qu’au départ d’une course mon cerveau se déconnecte, comme s’il était effrayé par la durée de l’épreuve. Il se contente de m’envoyer des signaux sur mes sensations, il absorbe tout ce qui lui arrive de l’environnement sans le traiter ni l’analyser. Je suis toujours étonné à postériori, de ne pas avoir de sensation de longueur sur de telles courses. En effet, 31 heures c’est énorme. Je pense que c’est un des rares moments de ma vie, où je n’ai pas besoin de penser au futur. Et je n’ai pas le temps de m’ennuyer, donc le temps passe vite.

Certains écoutent de la musique, d’autres imaginent des histoires, d’autres courent avec un autre concurrent pour échanger de temps en temps, avoir de la compagnie. Tous les goûts sont dans la nature !

– Est-ce que tu as une anecdote rigolote à nous raconter sur cette course ?

Oui. Au ravitaillement du 100ème kilomètre, j’ai retrouvé ma famille pour la première fois depuis la veille. Je récupère un peu, je discute avec mon assistance, je fais le point sur ce que je vais emporter pour le prochain tronçon. Comme je n’arrive à manger que de la compote à dose homéopathique, j’ai un emballage de Pom’pote à jeter. Je le sors et le tend à un ami. Ma fille de 8 ans, s’interpose et le plus naturellement du monde demande, si avant de la jeter j’ai bien lu la blague écrite sous l’emballage !!!!! J’ai donc du résoudre la charade, ce qui a conduit mon entraineur à conclure que j’étais en bon état et que je pouvais repartir ! Mentalement cela permet de repartir sur une note positive et rigolote.

– Ton prochain objectif c’est donc l’UTMB. Qu’est-ce que tu comptes mettre en place pour t’améliorer encore suffisamment et atteindre ce but ?

Déjà comprendre pourquoi j’ai eu un tel dysfonctionnement au niveau digestif, et résoudre cette difficulté avec les micronutritionnistes.

Ensuite je dois encore m’améliorer sur le plan mental, parce que je trouve que j’ai trop subi malgré le fait d’avoir terminé la course. Dans les moments difficiles, je sais que je paux davantage positiver. A l’UTMB, l’objectif minimum sera de terminer en moins de 27 heures, les problèmes gastriques peuvent de nouveaux survenir, et d’autres aléas peuvent se produire. Je veux les surmonter plus efficacement.

– Qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui veut faire de l’Ultra Trail ?

D’être raisonnable dans son objectif. On ne participe pas à un Ultra Trail comme on pourrait s’inscrire sur un 10km ou un semi-marathon. C’est une épreuve qui laisse des traces dans l’organisme. Si ton corps et ton mental ne sont pas préparés, le risque de blessure est conséquent. Je conseille de se donner du temps pour préparer son corps et son esprit. Moi, j’ai pris 5 ans pour le faire, mais c’est aussi parce que je me suis fixé mes 50 ans pour courir l’UTMB. Chacun doit apprendre à se connaitre, savoir quel est son objectif (ce n’est pas la même chose de vouloir simplement finir que d’envisager une performance).Gilles Spagnol- Vpro Coaching

– Et à quelqu’un qui veut faire de la préparation mentale ?

Que c’est une très bonne idée. Cela témoigne d’une envie de progresser globalement, de considérer qu’il n’y a pas que l’entrainement physique qui permet d’améliorer ses performances. Renforcer la confiance en soi, se doter d’outils pour faire sauter les barrières que l’on se fixe à tort est fondamental (quel que soit le sport pratiqué). Et l’avantage est que ça ne pèse rien à emporter avec soi ;o). En Ultra Trail c’est important ;o).

 

** UTMB: Ultra Trail du Mont Blanc, environ 170 km et 10 000 m de dénivelé positif…

*Technique des modèles : Stratégie où Gilles s’imagine entouré de personnes emblématiques qui comptent pour lui et qui le soutiennent chacune à leur façon.